Le Symbolisme Rasta

Le Symbolisme Rasta
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La vision du monde façonnée par les rastas est peuplée de signes, mythes, et symboles. Les anciens se livrent régulièrement à de longues discussions (groundings & reasonings) au cours desquelles la réalité fait l'objet d'un décryptage symbolique. L'art et l'artisanat témoignent par ailleurs de la richesse du symbolisme rastafarien. Il serait fastidieux d'en dresser l'inventaire (sceau de Salomon, nombres et lettres, le bâton de berger, croix coptes, mains jointes, couleurs...) complet, aussi avons-nous choisi de nous intéresser ici à la thématique du feu, à l'Afrique comme géosymbole, ainsi qu'à la figure du lion.

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# Posté le dimanche 01 juin 2008 03:21

Modifié le lundi 21 juillet 2008 13:45

« Rastafire »

« Rastafire »
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Dans la symbolique rastafarienne, le feu représente à la fois un élément créateur et une force destructrice1. Le feu est aussi synonyme de jugement pour les hommes (« judgeman ») : « jugés dans le feu éternel » pour reprendre la formule apocalyptique énoncée dans le Kebra Negast (« La Gloire des Rois »). Tout comme dans la tradition chrétienne, le feu, pour les rastas, s'apparenteà un attribut divin2. Il manifeste la présence (c'est en effet sous cette forme qu'il se manifeste aux prophètes Isaïe et Ezéchiel) et la toute puissance de Jah. S'il peut constituer une menace ou un châtiment (« blood and fire !» ; « fire burn !» ; « bun dem ! »), les rastas mettent en avant sa dimension purificatrice et régénératrice.Rejetant le baptême par immersion ou par affusion, bon nombre de rastas (à l'image de Bob Marley) déclarent fièrement être « baptisés par le feu ». Certains chants nyabinghi illustrent parfaitement cette glorification du feu : « Brimstone and fire burning. Rastafari trodding up with no water only fire».Le feu prend également une portée métaphorique. Il peut s'agir d'une flamme intérieure décrite comme une énergie vitale éminemment positive : «It's like a little fire inside (...) Keeps on burning » (Ras Michael). En outre, le feu est un élément inséparable des cérémonies nyabinghi (« grounations » ; « ivine issemblies ») et c'est autour de celui-ci que se concertent les patriarches de la communauté. Marque élective, le feu, sous ses diverses formes (le feu céleste par exemple : la foudre et letonnerre3), constitue un élément tutélaire et sacré. C'est à la fin des années quarante (donc bien avant le phénomène Bobo), au sein du groupe de rastas radicaux de la « Youth Black Faith », que le feu deviendra l'objet d'une véritable sanctification.

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# Posté le dimanche 01 juin 2008 03:35

Modifié le lundi 21 juillet 2008 13:38

Qu'est Ce Qu'un Rasta ?

 Qu'est Ce Qu'un Rasta ?
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Le rastafarisme vient de Ras Tafari "puissance de la trinité", nom pris par Hailé Sélassie, qui, selon les prédictions de Marcus Garvey, serait le Dieu et le guide du peuple noir pour le retour à la terre promise de Zion sur la terre d'Ethiopie.

Les Rastas utilisent plusieurs préceptes du judaisme, de l'hindouisme, du bouddhisme, de l'animisme africain et du christianisme.

Selon les préceptes du lévitique, ils ne se coupent pas les cheveux, ne se rasent pas, ni ne se peignent car leurs cheveux sont une couronne offerte par Dieu, et qui représente aussi l'esprit du lion de la tribu de Juda.

Les préceptes du rastafarisme:
- Pas de jeux d'argents
- Ne pas manger de viande
- Pas d'alcool
- Pas de sel
- Uniquement des fruits, poissons, végétaux ( nourriture I-tal )
- Sans oublier la Ganja, qui, selon la bible, est faite pour soigner les gentils. Elle est utilisée à des fins religieuses et spirituelles pour un rapprochement avec Dieu, une communion.


Les dix commandements de Dieu définissent les principes de vie Rastafarienne :

- Tu n'auras pas d'autres Dieux devant ma face.
- Tu ne feras pas d'images taillées ni aucune figure.
- Tu n'invoqueras pas le nom de JAH, ton Dieu en vain.
- Souviens toi du jour du Sabbat pour le sanctifier.
- Honore ton père et ta mère.
- Tu ne tueras point.
- Tu ne commettras pas l'adultère.
- Tu ne déroberas pas.
- Tu ne porteras pas de faux témoignages contre ton prochain.
- Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ni rien de ce qui lui appartient.

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# Posté le lundi 21 juillet 2008 14:46

Hailé Sélassié I

Hailé Sélassié I
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Hailé Sélassié Ier, (23 juillet 1892-27 août 1975) fut le dernier empereur d'Éthiopie de 1930 à 1936 et de 1941 à 1974. Il est considéré par les Rastas comme étant le « dirigeant légal de la Terre » (Earth's rightful ruler) et de surcroît le Messie, en raison de son ascendance qui, selon la tradition chrétienne orthodoxe éthiopienne, remonterait jusqu'aux rois Salomon et David.

De l'enfance à la régence
Hailé Sélassié est né dans le village de Ejersa Goro en Éthiopie (province de Harrar) sous le nom de Täfäri Mäkonnen. Son père est Ras Makonnen, gouverneur de Harar et sa mère est Woyzero (wäyzäro, madame) Yäshimabät Ali. Il n'a pas connu sa mère, morte du choléra le 14 mars 1894. Son père, grand artisan de la victoire d'Adwa contre les Italiens (1er mars 1896), mourut le 21 mars 1906, laissant Tafari aux bons soins de l'empereur Ménélik II (Dägmawi Ménilek,).
En juillet 1911, il épousa Woyzero Menen Asfaw, fille de Jantirar Asfaw d'Ambassel et petite-fille maternelle du roi Mikael du Wollo (Wällo). L'empereur Hailé Sélassié et l'impératrice Menen eurent six enfants : princesse Tenagnework, prince couronné Asfaw Wossen, princesse Tsehay, princesse Zenebeworq, prince Makonnen duc de Harrar, et prince Sahle Sélassié. Hailé Sélassié avait également une fille d'un ancien mariage, la princesse Romaneworq.

L'accession au pouvoir
Le 27 septembre 1916, une assemblée de nobles avec l'accord de l'Église orthodoxe d'Éthiopie déposa l'empereur Lij Yassou (Yassou V), petit-fils et héritier de l'empereur Ménélik II, pour suspicion de conversion à l'islam. La fille de Ménélik, Zaoditou (Zäwditu) fut alors proclamée impératrice d'Éthiopie et son cousin le Ras (duc) Tafari, Prince héritier (alga-werash) et Régent de la couronne (ïnderassié). En tant que Ras Tafari (celui qui est redouté en amharique), il exerça la réalité du pouvoir sous le règne de sa cousine l'impératrice Zaoditou puis comme roi (nïgus) de 1928 (7 octobre) jusqu'en 1930. À la mort de Zaoditou le 2 avril 1930, il prit le titre d'empereur. Il fut couronné le 2 novembre 1930 sous le nom de « Hailé Sélassié Ier (pouvoir de la Trinité), Roi des Rois d'Ethiopie, Seigneur des Seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde, élu de Dieu » : Gärmawi Qädamawi Haylä Sellassé, negusä nägäst zä'Ityopya, moa anbessa zä'emnägädä yehuda, berhanä aläm, seyumä Egziabhér (en amharique).
Hailé Sélassié développa la politique de modernisation progressive lancée par l'empereur Ménélik II, permettant ainsi l'admission de l'Ethiopie dans la Société des Nations en 1923 et décrétant la première constitution du pays en 1931. Il supprima également une pratique très ancienne, l'esclavage, dans l'Empire par des décrets de 1918 et 1923.
La Guerre italo-éthiopienne et le retour d'exil
L'échec de la SDN pour stopper la seconde guerre entre l'Italie et l'Éthiopie avec l'invasion italienne de 1935 le força à cinq ans d'exil, pendant lesquels il vécut à Bath en Angleterre (5 mai 1936-5 mai 1941). Grâce à une reconquête rapide du pays avec l'aide des Britanniques et des Français (emmenés par le commandant Monnier), Hailé Sélassié recouvra une totale souveraineté sur l'Empire et reprit sa politique de modernisation et de développement.

Un leader africain
Entretenant une bonne entente avec le président américain Franklin Roosevelt et également avec les autres Alliés, l'Empereur obtient l'entrée de l'Ethiopie dans l'ONU dès sa fondation. Adoptant une position de non-aligné pendant la période de Guerre froide, par sa participation à la conférence de Bandung, Sélassié œuvra également à l'indépendance du continent africain et à son unification. L'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) fut fondée en 1963 à son instigation et établit son siège à Addis Abeba.
Modernisation et crise
À la suite d'une tentative de coup d'État en décembre 1960, à laquelle fut mêlée le prince héritier Asfaw Wossen, il poursuivit une politique plus conservatrice, alignant l'Éthiopie avec l'Occident contre les gouvernements africains plus radicaux. Des mécontentements croissants parmi les étudiants et une partie des élites entraînèrent son renversement le 12 septembre 1974, conséquence d'un coup d'État militaire mené par un groupe de militaires, parmi lesquels Mengistu Hailé Maryam. Les médias relayèrent la nouvelle de sa mort en prison le 27 août 1975, suite à une opération de la prostate, mais une mort par strangulation ou par étouffement est bien plus vraisemblable. Sa dépouille fut enterrée dans une ancienne oubliette, sous le bureau du dictateur Mengistu qui fut défait en 1991. Le défunt empereur, dont on retrouva les restes en 1992, reçut des funérailles populaires le 5 novembre 2000 en la cathédrale de la Trinité d'Addis Abeba.


RasTafari
Parmi les adeptes du Mouvement Rastafari, une religion qui s'est développée dans les années 1930 en Jamaïque sous l'influence du mouvement « Back to Africa » (Retour vers l'Afrique) de Marcus Garvey et des prêches de Leonard Percival Howell, Hailé Sélassié est considéré comme un messie noir qui mènera la diaspora et les peuples africains vers la liberté. Beaucoup de Rastafariens pensent que Sélassié est encore vivant et que la mise en scène médiatique de sa mort fait partie d'un complot visant à discréditer leur religion. D'autres affirment que Jah, c'est-à-dire Dieu, est toujours vivant, quand bien même la présence terrestre de Sélassié ne serait plus visible.
Un discours prononcé par Hailé Sélassié aux Nations Unies en 1963 est devenu une des chansons cultes de Bob Marley : War, sur l'album Rastaman Vibration. L'empereur parlait essentiellement de paix, d'espoirEt de douleur mais toujours de non-violence.
Hailé Sélassié, chrétien pratiquant, a relativisé les croyances du Rastafarisme le proclamant comme messie. Une visite d'État en Jamaïque en 1966, où Sélassié fut salué par une foule très nombreuse dès son arrivée à l'aéroport, marqua profondément le monarque.L'Église copte éthiopienne tewahedo s'installa alors en Jamaïque pour les rastafariens au christianisme .

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# Posté le lundi 21 juillet 2008 17:05

Le Couronnement d'Hailé Sélassié

Le Couronnement d'Hailé Sélassié
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L'événement majeur c'est, en 1930, le couronnement de Ras Tafari comme empereur sous le nom d'Hailé Sélassié premier («Pouvoir de la Trinité » ), roi des rois, seigneur des seigneurs, lumière du monde, lion conquérant de la tribu de Juda. Les cérémonies ont duré dix jours et ont eu un retentissement mondial. Soixante-douze pays ont envoyé des représentants. En cadeau, l'Angleterre a restitué à Hailé Sélassié un sceptre pris à l'Éthiopie par le passé. Au mois de juin 1931, le National Geographic sort un numéro consacré à l'Éthiopie - le deuxième en deux ans, c'est dire si ce coin d'Afrique est à la mode - avec des photos d'Hailé Sélassié dans son resplendissant costume du couronnement. Et le Daily Gleaner publie sa photo en première page. Aux yeux des Africains, toutes ces péripéties prennent la dimension d'une légende.
Voici le récit qu'en fera Howell quelques années plus tard:


En 1930, le duc de Gloucester fut amené à s'acquitter de l'une des missions les plus intéressantes qui lui aient jamais été confiées. C'était à l'occasion du couronnement de Sa Majesté Ras Tafari, roi des rois, seigneur des seigneurs, lion conquérant de la tribu de Juda, élu de Dieu et lumière du monde.
Le duc était chargé de représenter son père, le roi anglo-saxon. E remit à Sa Majesté Ras Tafari, roi des rois, seigneur des seigneurs, un sceptre en or massif de vingt-sept pouces de long qui avait été pris à l'Éthiopie il y a plusieurs milliers d'années.Le duc tomba à genoux devant Sa Majesté le roi des rois et lui parla d'une voix forte : « 0 Maître, Maître, mon père m'envoie pour le représenter, Monsieur. Il ne peut pas venir, mais il dit qu'il vous servira jusqu'à la fin des temps, Maître. » Ce qui était prédit au psaume 72, 9 à 11, et dans la Genèse, 49-10.D'un côté du sceptre était écrit : « L'Éthiopie doit toucher Dieu de ses mains »; de l'autre : « Roi des rois d'Éthiopie ». Le sommet de la poignée était décoré d'un sceau et au-dessus était une croix dans laquelle était sertie une gemme écarlate [...] .C'était une cérémonie extraordinaire, l'église commença à se remplir. [...] Les hommes avaient des épées serties de pierres précieuses. Sur la tête, ils portaient des coiffes tressées d'or, sous lesquelles apparaissaient leurs crinières de lions. Les femmes, au contraire, étaient lourdement voilées.Leurs Majestés arrivèrent à la cathédrale dans un carrosse tiré par six chevaux arabes blancs.La reine Omega, dans sa robe d'argent, et son escorte montée sur des mules, les épaules drapées dans des peaux de lion, formèrent une procession devant l'église [...]. On présenta au roi Alpha le globe et le sceptre, et des épées et autres emblèmesde sa charge. Des dignitaires des grandes puissances du monde offrirent au roi Alpha les trésors des océans.L'Empereur avait tenu à diriger lui-même les préparatifs pour recevoir ses milliers d'hôtes, et pendant des jours on avait pu le voir aller et venir dans sa voiture rouge pour surveiller le travail des employés blancs à qui il avait ordonné de construire une nouvelle route, la plantation des gazons et l'extension de l'éclairage public à toute la cité.


Pour pittoresque que soit, cette description n'en est pas moins conforme à la réalité, y compris en ce qui concerne Hailé Sélassié, croqué dans ses déploiements d'énergie inépuisable, veillant lui-même à l'exécution de ses ordres par ses «employés blancs» (pendant tout son règne, il fit appel à de nombreux ingénieurs et conseillers occidentaux). On remarque aussi l'image du «roi Alpha et de la reine Omega» reprise de Balintine. Est-ce Annie Harvey, la « missionnaire », qui a fait à Howell ce récit du couronnement? De la petite bande, elle est probablement la seule, avec son mari, à y avoir assisté. Selon Henry Dunkley, un des premiers rastas, « Howell a tout copié sur les Israélites [le groupe d'Annie Harvey]. Il avait mis la main sur une photo du prince de la paix à son bureau de Paradise Street et l'avait reproduite ". » Cette photo du roi des rois, queue soit venue d'Annie Harvey, du Gleaner, des Black_7ews ou d'ailleurs, Howell en fera tout au long de sa vie de très nombreux retirages pour les distribuer à ses adeptes. Elle deviendra son emblème. À sa mort, il en avait encore une liasse - un peu floue à cause des reproductions successives - dans la petite valise en carton qu'il laissa en héritage.


L'homme aux larges épaules se tient sur la berge de l'île, sa petite photo dans la main, prêt à bondir. Pas un instant il n'a eu la velléité de chercher un travail. E a foncé droit devant lui - il sait où il va. IU n'a pas un regard en arrière vers la belle liberté de sa vie de nomade, l'aventure des ports et des cités. Comme Jake dans le livre de Mc Kay, il n'est plus « un étalon sauvage, mais un cheval de trait avec le mors dans sa bouche et la croupière sous sa queue - et il aime ça" ». Howell est désormais sous le harnais d'une inspiration plus puissante. Il est l'homme de Jah. "

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# Posté le lundi 21 juillet 2008 17:10